MISSION ALPHA: Compte à rebours lancé pour Thomas Pesquet

À deux semaines du lancement de la mission Crew-2, le compte à rebours est lancé pour Thomas Pesquet qui se prépare à rejoindre la station spatiale internationale (ISS), cinq ans après son premier séjour dans l’espace. L’astronaute français enfilera cette fois-ci la combinaison futuriste d’Elon Musk et prendra de nouvelles responsabilités à bord de l’ISS!

Thomas Pesquet dans le siège gauche du simulateur de Soyouz, siège qu’il empruntera lors du décollage vers l’ISS. Crédits : ESA–Stephane Corvaja, 2016
Départ de la mission Proxima
Thomas Pesquet, Oleg Novitsky et Peggy Whitson décollent de Baïkonour. Ils passeront 48 heures dans les 9 m³ du Soyouz avant de rejoindre la Station Spatiale Internationale où l'astronaute français restera six mois. Crédits: ESA–Manuel Pedoussaut, 2016

Proxima, cinq ans après

Sélectionné en mai 2009 parmi plus de 8400 candidats, Thomas Pesquet intègre le Corps européen des astronautes basé à Cologne, avant de rejoindre la Cité des étoiles pour y apprendre le russe et le pilotage du véhicule Soyouz. 

Après cinq ans d’entraînement intensif principalement passés entre la Russie, l’Allemagne et les Etats-Unis, l’astronaute de l’agence spatiale européenne (ESA) Thomas Pesquet prend place à bord du véhicule Soyouz MS-03 et s’envole enfin pour l’espace le 17 novembre 2016, depuis le cosmodrome de Baïkonour situé au Kazakhstan.

Thomas Pesquet dans le siège gauche du simulateur de Soyouz, siège qu’il empruntera lors du décollage vers l’ISS. Crédits : ESA–Stephane Corvaja, 2016
“Pour une raison étrange, il nous faut toute cette technologie pour aller là-haut et comprendre la simplicité des choses: la Terre, le cosmos et la vie ne font qu'un. Depuis l'espace, c'est si difficile de comprendre nos frontières, les guerres et la haine.”
Thomas Pesquet
Astronaute de l'Agence Spatiale Européenne
Thomas Pesquet à bord de l'ISS
En plus de parler anglais, russe, espagnol, chinois et allemand, l'astronaute Thomas Pesquet est aussi saxophoniste! Sur cette photo prise le 31 mai 2017, il joue un morceau dans la Coupole de l'ISS. Crédits: ESA/NASA
Thomas Pesquet lors d'une EVA
L'astronaute de l'ESA Thomas Pesquet se photographie lors d'une sortie dans l'espace en janvier 2017. Crédits: NASA/Thomas Pesquet

Thomas Pesquet, ambassadeur de l’espace

Durant son séjour de six mois à bord de l’ISS, Thomas Pesquet travaille en tant qu’ingénieur de vol de la mission Proxima. L’ancien pilote d’Air France partage son temps à bord de la station entre la réalisation d’expériences scientifiques et les activités de maintenance du laboratoire orbital international. 

Pour l’occasion, il effectue ses deux premières sorties extravéhiculaires et passe un total de 12 heures et 32 minutes les pieds dans le vide. Humble et pédagogue, le saxophoniste de l’espace partage son aventure avec passion en prenant plus de 85000 clichés qu’il publie régulièrement sur les réseaux sociaux.

Billet aller-retour avec SpaceX

Un aller-retour signé SpaceX

Avec la mission Crew-2, Thomas Pesquet décollera cette fois-ci depuis le sol américain à bord de la capsule Crew Dragon de SpaceX. Propulsé au sommet d’une fusée Falcon 9, l’astronaute français prendra place à bord d’Endeavour, une capsule Crew Dragon nommée en hommage à la navette spatiale et au module de commandement de la mission Apollo 15 du même nom. 

Pour rappel, le 30 mai 2020, cette même capsule était déjà utilisée pour la première mission habitée de SpaceX lors du vol de démonstration SpaceX Demo-2.

Préparatifs de la capsule Endeavour
Le vaisseau spatial Crew Dragon de SpaceX photographié en phase finale des préparatifs en Floride, peu avant le lancement du vol piloté par les astronautes de la NASA Bob Behnken et Doug Hurley. Propulsée au sommet d'une fusée Falcon 9, la mission marque la reprise des lancements d'équipages vers l'ISS depuis le sol américain, une première depuis la fin du programme de la navette spatiale en 2011. Crédits: SpaceX
Doug Hurley et Bob Behnken
Doug Hurley et Bob Behnken aux commandes de la capsule Crew Dragon, renommée "Endeavour" en hommage à la navette spatiale américaine. Crédits: NASA
“Il n'y a eu que deux lancements et un seul retour d'équipage à bord du Crew Dragon. C'est peu de données et peu d'expérience: on est encore au stade de développement de ce système. Dans l'enfance d'un système technique, avant d'avoir des milliers d'heures de réussite, le risque est plus élevé et l'approche est différente.”
Thomas Pesquet
Astronaute de l'Agence Spatiale Européenne

Crew Dragon: seulement deux missions habitées

Le 16 novembre dernier, une seconde capsule Crew Dragon décollait du sol américain, cette fois-ci pour le premier vol commercial opérationnel: la mission Crew-1

Nommé Resilience, le vaisseau similaire à la capsule qui emportera Thomas Pesquet dans quelques jours est actuellement arrimé à la station spatiale où séjournent ses quatre passagers: trois astronautes américains (Michael Hopkins, Victor J. Glover et  Shannon Walker) ainsi que l’ingénieur japonais Soichi Noguchi.

La capsule de SpaceX, nommée Resilience, photographiée arrimée à l'ISS. Crédits: NASA

Le premier européen à bord du Crew Dragon

La mission Crew-2 qui emportera Thomas Pesquet sera donc le troisième vol habité de la capsule Crew Dragon et la seconde mission commerciale affrétée par SpaceX à destination de l’ISS. Pour l’occasion, l’astronaute français de 43 ans sera donc le premier européen à prendre place dans la capsule construite par l’entreprise d’Elon Musk

Récemment, le pilote d’essai sur Airbus s’affichait d’ailleurs dans les combinaisons futuristes de SpaceX aux côtés des ces trois collègues des expéditions 64 et 65 de l’ISS: les astronautes américains Shane Kimbrough et K. Megan McArthur et le japonais Akihiko Hoshide.

Thomas Pesquet
Thomas Pesquet s'entraine au pilotage de la capsule de SpaceX
L'équipage de Crew-2
Les astronautes Thomas Pesquet, Megan McArthur, Shane Kimbrough, et Akihiko Hoshide se préparent pour leur mission dont le départ est prévu pour le 22 avril. Crédits: SpaceX

THOMAS PESQUET: commandant de l'ISS

La mission Alpha expliquée
Le nom « Alpha » fait référence au nom de la première mission de Pesquet, Proxima, qui vient de l’étoile Proxima Centauri, l’étoile la plus proche du système solaire, faisant partie du système stellaire Alpha Centauri. Le nom a été sélectionné parmi 27 000 autres, lors d’un concours de l’ESA pour choisir le prochain nom de la mission. Alpha a été suggéré 47 fois. Crédits: ESA/Cité des sciences

Préparer le futur vers la Lune et Mars

Nommée Alpha en référence à Alpha Centauri, la seconde étoile la plus proche de notre système solaire après Proxima Centauri, la mission de Thomas Pesquet à bord de l’ISS se déroulera donc d’avril à septembre 2021. 

Le principal objectif de son séjour en apesanteur sera l’étude du vieillissement des cellules dans l’espace, des expériences qui prépareront notamment les futures missions sur la Lune et vers Mars. L’astronaute français qui cumule déjà 196 jours dans l’espace occupera même le poste de commandant de la station spatiale pour la seconde partie de sa mission, une grande première pour un astronaute français!

Pierre-Henri Le Besnerais

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Ibrahima Diallo

Pour une raison étrange, il nous faut toute cette technologie pour aller là-haut et comprendre la simplicité des choses: la Terre, le cosmos et la vie ne font qu’un. Depuis l’espace, c’est si difficile de comprendre nos frontières, les guerres et la haine. Tout est dit

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