La Chine aura bientôt sa station spatiale!

Dans la foulée du succès retentissant de la mission Chang’e 5 qui a permis le retour des premiers échantillons de roches lunaires depuis les années 1970, l’agence spatiale nationale chinoise (ASNC) prépare sa fusée Longue Marche en vue du lancement prochain du premier module de sa future station spatiale.

Dans la foulée du succès retentissant de la mission Chang’e 5 qui a permis le retour des premiers échantillons de roches lunaires depuis les années 1970, l’agence spatiale nationale chinoise (ASNC) prépare sa fusée Longue Marche en vue du lancement prochain du premier module de sa future station spatiale.

长征五号遥二火箭转场
La fusée Longue Marche 5 Y2 photographiée sur son pas de tir au centre de lancement d'engins spatiaux de Wenchang.

40 lancements prévus en 2021

On le sait déjà, l’actualité spatiale sera chargée cette année, et la Chine confirme sa montée en puissance dans le domaine puisque l’ASNC devrait effectuer pas moins de 40 lancements pour les douze prochains mois. Parmi les missions les plus attendues, la mise en orbite par une fusée Longue Marche du module Tianhe (harmonie des paradis) dans le cadre du programme Tiangong qui vise à construire une station spatiale modulaire, similaire à l’ancienne station Mir mise en service en 1986.

La future station spatiale en quelques chiffres clés

Prévue pour être opérationnelle pendant 10 ans, la station chinoise sera composée d’un module principal assemblé à deux modules expérimentaux, et l’ensemble devrait peser environ 100 tonnes, soit un peu moins du quart de la masse de l’actuelle station spatiale internationale (ISS). Approuvé en 1992, le projet de station spatiale orbitale chinoise prend donc enfin forme après avoir été retardé plusieurs fois, et il faudra pas moins d’une douzaine de lancements pour placer en orbite et assembler tous ses composants d’ici 2023.

Une architecture inspirée du modèle russe

A l’image des premiers modules Zarya et Zvezda de l’ISS, le module Tianhe inclut tous les éléments de base pour démarrer l’activité de la station, en commençant par les systèmes de support de vie qui permettront d’accueillir un équipage de trois taïkonautes au cours des premières missions habitées. Le premier module de la station sera aussi muni d’un bras robotisé pour assembler les futurs modules expérimentaux Wentian et Mengtian, et d’un sas d’amarrage pour accueillir le véhicule Shenzhou ainsi qu’un vaisseau cargo pour le ravitaillement.

Pour rappel, le Shenzhou (ou vaisseau divin) est un véhicule spatial habité dont l’architecture est similaire au vaisseau Soyouz russe. En effet, il se compose du module de service auquel sont attachés deux panneaux solaires, d’un module orbital servant à la fois de sas d’amarrage et d’espace de vie et d’une capsule capable de résister à la réentrée atmosphérique pour ramener l’équipage sur Terre. 

inspection du module principal de la future station chinoise.
Inspection du module principal de la future station chinoise (photo prise en 2018). Initiié en 1992, le projet de station spatiale a plusieurs fois été retardé.
Arrimage du vaisseau Shenzhou-8 à la station orbitale Tiangong-1.
Arrimage du vaisseau Shenzhou-8 à la station orbitale Tiangong-1. Official website of China Manned Programme (中国载人航天工程)
Représentation de la future station spatiale chinoise.
Représentation de la future station spatiale chinoise.

Les premières stations spatiales chinoises: Tiangong-1 et 2

Malgré le succès incontestable de son programme d’exploration lunaire et des missions robotisées Chang’e, l’agence spatiale chinoise est encore jeune et la Chine veut profiter de sa future station pour rattraper son retard dans le domaine des séjours de longue durée dans l’espace. En effet, le record chinois du plus long vol orbital est actuellement détenu par les deux taïkonautes Jing Haipeng et Chen Dong qui sont restés 30 jours à bord de la station orbitale Tiangong-2Largement inspirée des stations russes Salioutcette petite station monolithique de 8,5 tonnes n’aura finalement accueilli qu’une seule mission habitée avant d’être désorbitée en 2019. 

Trente-cinq ans après le lancement du premier module de la station Mir, la future station modulaire chinoise et ses 90 mètres cubes pressurisés devront donc aider la Chine à rattraper son retard technologique dans le domaine, notamment en permettant à un équipage de trois astronautes de rester en orbite pour de longs séjours de six mois.

La chine bientôt sur Mars?

Une station spatiale, et bientôt un rover sur Mars?

En attendant le lancement du module Tianhe, la Chine a déjà démontré son ambition en envoyant le 23 juillet dernier l’orbiteur Tianwen-1, emportant avec lui un atterrisseur et un rover représenté sur la photo de droite, et qui poursuit actuellement sa route vers Mars. 

Si tout se passe comme prévu, le vaisseau devrait atteindre l’orbite martienne d’ici février avant de déposer le tout premier rover d’exploration chinois à la surface de la planète rouge, un nouvel exploit technologique que nous ne manquerons pas de suivre avec vous dans le journal de l’espace.

Pierre-Henri Le Besnerais

Rover chinois
Maquette du rover chinois qui pourrait se poser sur Mars d'ici mai 2021.
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