Depuis l’entrée de sociétés privées dans le secteur aérospatial, le nombre de satellites au-delà de la stratosphère n’a fait qu’augmenter. Une hausse des lancements qui à long terme pourrait avoir des conséquences sur la  praticabilité de l’espace. Aujourd’hui cette situation, qui risque de devenir critique, soulève de nombreuses problématiques quand à la pollution spatiale.

Comment a-t-on fait pour en arriver là ? Quels sont les risques liés à cette pollution, et comment la réduire ?

Cartographie des satellites en orbite autour de la terre | Crédits : Nasa.gov

La première pollution spatiale

Dans une démarche d’affrontement technologique entre les Etats-Unis et l’U.R.S.S., durant la période de la guerre froide, la course à l’espace a permis une enorme avancée sur le domaine aérospatial. L’amorce de la conquête spatiale correspond à l’envoi du satellite Spoutnik, en 1957. Propulsé par un premier étage de 6,5 tonnes, qui,  après avoir accompli sa tâche, s’est détaché pour déambuler dans l’immense vide de l’univers, créant ainsi le premier déchet spatial de l’époque.

Spoutnik 1, le premier satellite mis en orbite | Crédits : Itar Tass

Une augmentation des satellites en orbite

Depuis le début de l’exploration spatiale, le nombre de lancement a évolué de façon exponentielle, et récemment, en 2020, c’est plus de 1200 satellites qui sont déployés. Un chiffre impressionnant, c’est 3 fois plus qu’en 2018 qui était déjà une année record. Notre utilisation de balises spatiales est quotidienne et ne cesse de croître, que ce soit à des fins de navigation, de télécommunication ou de météorologie entre autres.

Ce graphique montre l'évolution du nombre de satellites actifs en orbite terrestre entre 1957 et 2018. | Crédits : fr.statista.com

L’arrivée de nouvelles entreprises sur ce marché a entrainé une forte compétitivité entre ces dernières, et cela mène à la création d’un véritable essaim autour de la terre. Même si certains lanceurs sont devenus réutilisables, les charges qu’ils envoient au delà de l’atmosphère finiront par devenirs d’autres déchets.

9000 tonnes de débris ! Voila le constat actuel des entités non fonctionnelles toujours en orbite à ce jour.

Des riques bien réels

Au vu de cette congestion, les risques de collision sont une menace et les morceaux issus de ces chocs peuvent à leur tour endommager d’autres objets, même les plus petits fragments peuvent causer de gros dégâts en raison de leur vitesse de déplacement ahurissante. C’est aussi pour cela, que plus tôt ce mois de novembre 2021, le tir antimissile Russe sur un ancien satellite avait causé l’irritabilité de la communauté spatiale internationale. En effet, les débris causés par cette destruction viennent s’ajouter à ceux existants, et s’avèrent un danger pour le matériel opérationnel sur leur trajectoire, avec notamment l’ISS.

Illustration de pollution spatiale au dessus de la terre | Crédits : Science photo library - Mark GARLICK

Un autre risque est la chute de corps issu de satellites hors-service se trouvant en orbite basse.  Bien que la plupart de ces éléments se désintègrent avant de toucher le sol, en raison des vitesses de chute, une partie de débris composés par des métaux tels que le carbone ou le titane résistent mieux aux hautes températures causées par leur descente. On peut donner l’exemple, en mai 2021, de la chute d’une fusée chinoise, qui s’était écrasée dans l’océan sans causer de dégâts.

Quelles solutions pour nettoyer l'espace ?

Cette situation, en dehors, de l’impact sur l’outillage en orbite, devient un problème pour accéder à l’espace. Une telle pollution peu s’expliquer par le manque de restrictions réelles dans les traités internationaux concernant la gestion du territoire spatial. La croissance du marché spatial est attendue à 485 milliards de dollars pour 2028, et si rien n’est fait l’impact à long terme sera colossal. 

La France a néanmoins décidé de réglementer en imposant un cahier des charges afin de contrôler l’impact des entreprises nationales. Ainsi, des solutions comme le guidage à distance sont mises en place permettant l’évacuation vers un espace attribué aux satellites obsolètes, hors des trajectoires empruntées par ceux encore actifs. On appelle ça une orbite cimetière.

Le Royaume-Uni quand à lui investit massivement en proposant des subventions à des entreprises proposant des solutions pour aider à faire le ménage. Comme par exemple la cartographie des débris, la différenciation entre satellites actif et caduque, ou encore l’élaboration d’un robot éboueur.

L’ESA quand à elle va prochainement financer une mission test d’un appareil qui devrait ramener de gros résidus d’objets dans l’atmosphère pour les désintégrer.

Diego Abadie
Rédacteur articles Blog

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