SLS: le calendrier d'Artemis sous pression

Deux mois après la deuxième mise à feu statique du système de lancement spatial (SLS) de la NASA, le booster central de la fusée lunaire est enfin arrivé au Kennedy Space Center, en Floride. Tous les éléments du lanceur de la mission Artemis I sont donc maintenant prêts à y être assemblés. La NASA est-elle encore dans les temps pour lancer Artemis I avant 2022?

SLS: retourner sur la Lune

En développement depuis 2010, le SLS doit devenir le futur lanceur lourd de la NASA. Dédiée à l’exploration de l’espace lointain, la fusée en cours d’assemblage servira notamment au fameux programme Artemis dont la première mission doit théoriquement décoller au mois de novembre. Légèrement moins haute que la Saturne V du programme Apollo, le SLS pourra pourtant fournir 15% de puissance supplémentaire pour nous permettre de retourner sur la Lune.

Le SLS au décollage
Vue d'artiste du SLS au décollage. Crédits: NASA
Le SLS au décollage
Vue d'artiste du SLS au décollage. Crédits: NASA
Comparaison entre les lanceurs lourds
Comparaison entre les lanceurs lourds existants ou en développement. Le lanceur SLS est d'abord conçu pour lancer le vaisseau spatial lourd Orion qui doit transporter des équipages sur une trajectoire lunaire voire interplanétaire. Crédits: EverydayAStronaut

32 mégatonnes de puissance

La première version du véhicule, nommée Bloc 1, pourra ainsi envoyer plus de 26 tonnes vers la Lune, qui pour rappel orbite à près de 1000 fois la distance qui nous sépare de l’ISS. Dans cette configuration, la fusée utilisera deux propulseurs d’appoint à propergol solide de 53 mètres de longueur (pour 3,7 mètres de diamètre). Fournissant 25% de puissance supplémentaire, ces derniers ne seront pas réutilisables contrairement aux boosters latéraux de la navette spatiale dont ils sont dérivés.

Comparaison entre les lanceurs lourds
Comparaison entre les lanceurs lourds existants ou en développement. Le lanceur SLS est d'abord conçu pour lancer le vaisseau spatial lourd Orion qui doit transporter des équipages sur une trajectoire lunaire voire interplanétaire. Crédits: EverydayAStronaut

8 minutes et 20 secondes

Le premier étage du SLS arrive en Floride
Une vue aérienne de la fusée SLS de la NASA en cours de déchargement du Pegasus Barge le 29 avril 2021, après son arrivée au centre spatial Kennedy de la NASA en Floride. Crédits: Jamie Peer / Mike Downs / NASA

Avec ses 64 mètres de long pour 8,4 mètres de large, le premier étage du SLS servira quant à lui de réservoir géant pour alimenter quatre moteurs RS-25E pendant plus de huit minutes. Cette version modernisée à usage unique des moteurs de la navette spatiale est 30% moins cher à produire. Construit par Boeing, le booster géant pourra quant à lui stocker 2 763 m3 d’hydrogène et d’oxygène liquide et sera relié au second étage ICPS (« Étage de Propulsion Cryogénique Provisoire ») par un adaptateur conique.

Le premier étage du SLS
Le premier étage du lanceur SLS destiné au lancement de la mission Artemis I, photographié à sa sortie de l'usine de Michoud en janvier 2020. Crédits: NASA
Schéma éclaté de la version Bloc 1 du lanceur SLS de la NASA.
1 Moteurs-fusées RS-25 (x4) - 2 Propulseurs d'appoint (x2) - 3 Premier étage - 4 Adaptateur d'étage - 5 Deuxième étage ICPS - 6 Adaptateur d'étage Orion - 7 Adaptateur du vaisseau - 8 Panneaux de protection du module de service - 9 Orion : module de service - 10 Orion : module de l'équipage - 11 Tour de sauvetage - 12 Charge utile. Crédits: NASA

Propulser la capsule Orion

Perché au sommet de l’immense lanceur, jusqu’à quatre astronautes pourront prendre place à bord d’Orion, une capsule héritée du programme Constellation et construite par l’entreprise américaine Lockheed Martin. En cas de défaillance de la fusée durant les premières minutes de vol, une tour de sauvetage (aussi appelée Launch Abort System, abrégé en LAS) équipée de trois moteurs à poudre permettra de sauver l’équipage de missions habitées en éjectant le vaisseau Orion à plus de 800 km/h.

Schéma éclaté de la version Bloc 1 du lanceur SLS de la NASA.
1 Moteurs-fusées RS-25 (x4) - 2 Propulseurs d'appoint (x2) - 3 Premier étage - 4 Adaptateur d'étage - 5 Deuxième étage ICPS - 6 Adaptateur d'étage Orion - 7 Adaptateur du vaisseau - 8 Panneaux de protection du module de service - 9 Orion : module de service - 10 Orion : module de l'équipage - 11 Tour de sauvetage - 12 Charge utile. Crédits: NASA

Artemis I: la NASA sous pression

La capsule Orion
Vue d'artiste de la capsule Orion. Dérivé du véhicule européen ATV, un module de service fournira la propulsion, la puissance, le contrôle thermique, ainsi que l'approvisionnement en eau et en oxygène de la capsule Orion. Crédits: NASA

Depuis son arrivée au Kennedy Space Center, le premier étage du SLS attend l’installation des premiers composants de son système d’autodestruction avant d’être installé sur la rampe de lancement mobile. En pleine crise sanitaire, la NASA est confrontée à un calendrier difficile et prévoit encore six mois de travail pour assembler et tester tous les composants du SLS. Dans ce contexte, il ne serait pas surprenant de voir le départ de la mission Artemis I décalée au premier semestre de l’année 2022.

Pierre-Henri Le Besnerais

"Le calendrier d'Artemis 1 sera vraiment serré. Si les choses se passent vraiment très bien avec l'assemblage du SLS et l'intégration de la capsule Orion sur la plate-forme de lancement mobile, nous avons encore une chance de lancer la mission avant la fin de l'année."
Steve Jurczyk
Administrateur de la NASA (intérim)
"Le calendrier d'Artemis 1 sera vraiment serré. Si les choses se passent vraiment très bien avec l'assemblage du SLS et l'intégration de la capsule Orion sur la plate-forme de lancement mobile, nous avons encore une chance de lancer la mission avant la fin de l'année."
Steve Jurczyk
Administrateur de la NASA (intérim)